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Les beaux jours ne sont pas encore là, mais les questions commencent à tomber : quel est le meilleur régime ? Que penses-tu de ce régime-ci ou de celui-là ?
Elles sont légitimes et je vais m’efforcer d’y répondre en mettant l’accent sur trois “régimes” en particulier. Leurs noms reviennent souvent et suscitent un intérêt croissant.
En même temps, je vais inscrire mes réponses dans un contexte plus précis. Celui de la naturopathie, of course, mais aussi celui du décryptage et de l’analyse.
Qu’est-ce qu’un régime ?
Dans le sens classique du terme, il s’agit d’une feuille de route alimentaire avant tout. Elle s’appuie, traditionnellement, sur la suppression. Celle de certains aliments, mais aussi la diminution des quantités.
Pendant longtemps, les régimes mettaient donc uniquement l’accent sur l’alimentation. Son réajustement devait permettre de contrôler tant les quantités que la qualité. Autre facteur tout-puissant : les calories.
Un diktat ?
La réduction de l’apport calorique est assimilée à la réduction de la masse graisseuse. En effet, face à ce manque, le corps se tourne vers les réserves de graisses pour y puiser son énergie.
Au terme de résultats parfois très rapides, la satisfaction s’installe. A quel prix ? Il s’agit bel et bien d’un diktat : celui des chiffres. Ils focalisent toute l’attention et influencent à eux tout seuls l’approche et le comportement de la personne concernée. Combien de calories ? Combien de grammes ? Quels poids ? Telles sont les questions qui peuvent obnubiler lors d’un régime et nous déconnecter de notre corps.
Les limites des régimes
Les régimes traditionnels, au fil des ans et à la lumière des avancées tant médicales que naturopathiques, ont finalement montré leurs limites :
- Perte de poids suivie d’une reprise rapide et souvent plus accentuée encore (c’est ce qu’on appelle l’effet yoyo),
- Ralentissement du métabolisme,
- Carences chroniques sur le long terme,
- Fonte musculaire,
- Rapport altéré à la nourriture et à l’alimentation en général,
- Troubles alimentaires possibles,
- Perturbations psychologiques (effet entre autre de privations constantes et du diktat des chiffres…).
Exceptions
Attention cependant. Les régimes préconisés dans un cadre médical précis (une pathologie, ou un traitement particulier) ne sauraient être ignorés ou altérés. Ils rentrent dans une tout autre logique.
Je m’attache à décrire ci-après une approche qui intéresse les personnes qui souhaitent perdre du poids, rééquilibrer leur alimentation ou changer leur hygiène de vie.
Quelle différence ?
Si tu lis mes publications ou tu participes à mes rendez-vous naturopathiques, tu vois probablement déjà où je veux en venir… Eh oui, il existe une différence entre un régime classique et un “régime” selon la naturopathie.
D’ailleurs, j’irais même jusque’à dire qu’en naturopathie, je préfère justement parler de rééquilibrage alimentaire et d’hygiène de vie.
Pourquoi ?
Parce qu’un régime qui ne s’intéresse qu’à un volet de ton être – le poids via l’alimentation – est par définition incomplet.
Tu es un être composé de multiples facettes et non de tiroirs séparés que l’on ouvre et que l’on referme. Bref, une approche holistique s’impose si tu souhaites vraiment perdre du poids.
Ce qu’en dit la naturopathe…
Le terme régime reste fortement influencé par l’approche traditionnelle que j’ai évoquée en introduction. Il me semble réducteur, ancré sur l’idée de restriction et la conséquence frustration.
La naturopathie est par définition et dans l’âme une méthode holistique. Elle considère que tout est lié. C’est en gardant cet aspect essentiel en tête que je préfère parler de “rééquilibrage alimentaire”. Parfois, en fonction du contexte, aussi de “mode de vie”, « méthode » (comme pour la « méthode Okinawa« ) ou “hygiène de vie”.
…et la naturopathie
Dans le texte qui suit, si j’utilise le mot “régime” c’est dans son sens holistique naturopathique. Un sens qui couvre l’alimentation, mais aussi toutes les autres dimensions de ton être: émotions, activité sportive, équilibre psychique et sommeil. Pendant le sommeil ton corps se nettoie, répare les tissus et fabrique des hormones. Or, ces trois actions participent elles aussi au maintien ou à la perte de poids.
Pour qu’un régime soit efficace, il ne peut être mené uniquement tambour battant dans ton assiette.
Dans le « régime » la notion de perte de poids est centrale, alors qu’en réalité la prise de poids n’est qu’un symptôme. Trouver la ou les causes, les analyser et mettre en place des solutions est bien plus efficace en termes de résultats et de pérennisation.
Voici quelques pistes naturopathiques éminemment holistiques pour une approche plus globale :
- Soigne ton sommeil
- Apprends à gérer/limiter le stress
- Libère tes émotions : digestion et émotions sont intimement liées.
- Laisse tomber les calories
- Concentre-toi sur la qualité et la variété des aliments
- Prends en considération l’indice glycémique (IG) des aliments
- Fais confiance aux message que t’envoie ton organisme : la satiété, la faim, la soif sont autant de signaux. Les écouter est un apprentissage.
- Intègre une activité sportive douce pour commencer : le sport à outrance peut avoir des effets inverses (cortisol !) à ceux attendus.
- Adopte une approche sur-mesure : un régime est une méthode personnelle. Ce qui marche pour toi peut être décevant, inefficace voire contre-productif pour un autre individu. Il est essentiel pour qu’il apporte véritablement ses fruits qu’il prenne en compte ton histoire, ton terrain et tes spécificités.
Le choix des trois approches
Comment ai-je choisi ces trois régimes que je te propose d’aborder plus en détail ci-après ? Je les ai sélectionnés en fonction des critères suivants :
– L’écoute de tes questions lors des consultations. Ces régimes reviennent souvent et suscitent la curiosité. Je me suis dit qu’une mise au point via le blog en accès libre et gratuit pourrait intéresser le plus grand nombre.
– Proximité géographique et/ou culturelle. C’est le cas du régime méditerranéen. Il semble avoir particulièrement la cote. Les produits qu’il propose voyagent peu ou pas, c’est un cercle vertueux que celui de ta santé et de ton bien-être.
Partons donc à la découverte de ces trois approches !
Le régime Seignalet
Il a été mis au point par le docteur Jean Seignalet. Celui-ci prônait un retour à une alimentation ancestrale, anti-inflammatoire et anti-toxinique. Il entend par là une alimentation simplifiée ancrée sur ces trois piliers :
- Abolition des produits laitiers, notamment à base de lait de vache. Celui-ci est considéré comme pro-inflammatoire.
- Alimentation non transformée, voire crue. L’objectif consiste à favoriser l’absorption d’aliments nourrissants (dans le sens profond du terme, ils doivent nourrir tes cellules).
- Exclusion du gluten, notamment des céréales dites “modernes”, avec le blé en première ligne. Le gluten est considéré à l’origine de nombreuses pathologies inflammatoires, allergiques et auto-immunes.
Ses points forts
Ce régime s’inscrit davantage dans une approche globale thérapeutique plutôt que dans un simple régime visant à perdre du poids.
De ce point de vue-là, je suis assez alignée avec ce type de rééquilibrage alimentaire. Il s’articule certes autour de l’alimentation, mais à visées multiples. Parmi les pathologies concernées, citons la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques ou encore le syndrome de l’intestin irritable.
Parmi les aliments à exclure figurent ceux qui ont subi des altérations significatives à travers les siècles, notamment sous l’influence de l’industrie agro-alimentaire. Vidés de leurs véritables nutriments sur l’autel du rendement et de rentabilité maximales, ils peuvent même préparer au contraire le terrain à bien des maux.
Ainsi, le lait de vache est-il à présent rempli de substances inadaptées à l’absorption par les humains, à commencer par les hormones.
Le régime kéto
Ce régime, également connu sous l’appellation “régime cétogène” vise deux objectifs : la perte de poids et le soutien de ton organisme contre certaines pathologies. Par exemple, le diabète, l’épilepsie ou encore Parkinson.
Il s’articule autour de l’abolition des glucides, la prise élevée de lipides et modérée de protéines.
Objectif : pousser ton organisme à l’état de cétose où il va puiser dans les graisses plutôt que dans le sucre afin de rétablir l’équilibre et trouver son énergie.
Cette consommation et répartition des macronutriments pour modifier le métabolisme énergétique marque l’une des principales différences avec le régime Seignalet.
Comment procéder et quels résultats ?
Voici une liste des aliments proscrits :
- Céréales et dérivés (y compris celles et ceux sans gluten)
- La plupart des fruits et tous les types de desserts
- Aliments transformés
- Légumineuses
Parmi ses atouts, une perte souvent très rapide de poids, doublée d’une bonne satiété.
Ne pas le prendre à la légère
Cela étant dit, ce régime est très restrictif et peut causer de sérieuses carences en vitamines et minéraux, ainsi que des troubles digestifs (constipation) et rénaux (je préconise donc de boire suffisamment d’eau dans la journée).
Cette approche se révèle particulièrement délicate lors de la reprise alimentaire. En effet, elle peut causer des déséquilibres métaboliques. Cette méthode demande donc un suivi particulièrement minutieux par un thérapeute.
Le régime méditerranéen
Ce régime est une parfaite illustration de ce que je précisais au début de ce billet. En effet, il ne s’agit pas d’un régime minceur, mais plutôt d’un rééquilibrage alimentaire doublé d’un style de vie à spectre beaucoup plus large. Encore une approche avec laquelle je suis assez alignée.
D’une part, elle limite les risques de maladies cardio-vasculaires. D’autre part, elle s’appuie sur les produits locaux, du terroir. Les produits laitiers en sont un bon exemple : souvent l’élevage de bovins est rare voire absent des régions méditerranéennes. Or, les fromages les plus consommés sont ceux à base de lait de chèvre ou de brebis, animaux plus adaptés à la réalité du terrain. Mieux vaut consommer ce type de fromages au petit déjeuner.
Enfin, elle s’appuie avant tout sur la mise en valeur des produits et bien moins sur leur transformation. Elle tend donc à écarter les produits ultra-transformés.
Commençons par l’assiette
Le rééquilibrage méditerranéen peut être facilement adopté. C’est l’un de ses gros points forts.
Voici quelques choix alimentaires typiques :
- Prédilection pour les légumes et les fruits à consommer presque à tous les repas, cuits ou crus
- Huile d’olive (souvent à la place du beurre)
- Pain au levain (indice glycémique – IG – bas) et farines anciennes
- Oléagineux
- Légumineuses
- Aromates et épices
- Prédilection pour la consommation de poisson
- Volailles et œufs en moindre mesure
- Laitages en quantité modérée (brebis, chèvre en priorité)
- Faible consommation de viande rouge
- Faible consommation de sucres
Un certain état d’esprit
L’alimentation seule n’explique pas tout. S’ajoute aussi un état d’esprit et une façon d’être. La vie au grand air étant plus facile dans le pourtour méditerranéen, les activités sportives à l’air libre et le contact avec la nature peuvent être plus aisés.
De plus, la prise de repas s’inscrit dans une forme de rituel : pleine conscience, convivialité et socialisation contribuent à en faire un moment nourrissant à tous points de vue. C’est un aspect qui fait partie intégrante de la posture holistique chère à la naturopathie où la forme (la posture, la pleine conscience) est aussi importante que le fond.
A titre d’exemple, il m’arrive de faire référence en consultation au bénédicité récité autrefois avant de commencer un repas. Au-delà de l’aspect religieux, c’est le rituel qui est intéressant ici : il sacralise le moment du repas, invite à ralentir, ce qui favorise la digestion, et à se concentrer sur les richesses que nous offrons à notre organisme. La pleine conscience est efficace pour éloigner tensions et stress, ce qui a un effet bénéfique sur notre digestion et la bonne assimilation des nutriments.
Je t’invite à essayer de mettre en place trois minutes de pleine conscience avant chaque repas. Tu peux marquer ainsi un temps d’arrêt, une invitation au calme, loin des écrans, des bruits ou des sollicitations en tout genre.
Dernier conseil pour la route
Avant de foncer tête baissée vers tel ou tel régime, il est essentiel de comprendre tes motivations : perte de poids, pathologie, modification de ton hygiène de vie, rééquilibrage alimentaire/global ou combinaison de plusieurs raisons ?
Il est essentiel à mes yeux de consulter un thérapeute. Il peut t’aider dans ton choix en amont, à identifier les bonnes motivations et t’orienter vers ce qui est bénéfique pour toi. Bien entouré(e), le parcours vers un régime, qu’il soit amincissant ou autre, sera plus efficace.
Sans oublier, encore et toujours, ton équilibre global, tes niveaux d’énergie et ton bien-être !
Sonia













