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Fatigue chronique : deux causes profondes

Temps de lecture : 6 minutes

Il y a une phrase qui fleurit sur toutes les lèvres : je suis fatigué(e) ! Elle est devenu presque un automatisme. Conséquence : à force de l’entendre, elle est banalisée.

Ce n’est pas un mythe

Or, si cette phrase a autant de succès, c’est principalement pour deux raisons à mes yeux :

  1.  –  Justement parce qu’elle traduit un mal de notre époque. Elle nous ramène au présent : notre environnement, nos habitudes de vie…
  2.  – Si elle est si répandue, c’est peut-être bien parce qu’elle touche de plus en plus de personnes.

Nous sommes donc bien loin d’un quelconque mythe. Il s’agit même de ce que l’on pourrait appeler une maladie de civilisation.

Comment s’exprime-t-elle ?

Parmi les expressions de la fatigue chronique, signalons la persistance de troubles du sommeil, insomnie, troubles digestifs, manque de concentration, irritabilité, hyper-sensibilité aux émotions, aux situations, anxiété… En tant que naturopathe, je considère l’ensemble de ces symptômes comme autant de messages qu’envoie ton corps. Ces multiples expressions ne sont donc pas des faiblesses ou des fractures : elles sont des pistes précieuses à suivre !

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Facteurs à foison

La fatigue chronique n’est pas le symptôme d’une seule cause. Comme toute maladie de civilisation qui se respecte, elle est multifactorielle.

Dans cet article, je m’attache principalement à deux axes d’analyse de causes profondes. Je les ai choisis car ils reviennent souvent lors de mes consultations et semblent être le dénominateur le plus commun entre les individus :

  1. – Le déséquilibre du système nerveux
  2. – Le facteur “carburant” ou le manque d’énergie

Sur-stimulation

Nos sociétés modernes ont beau être  modernes… elles n’en sont pas moins des systèmes de plus en plus inadaptés à l’humain et à sa bonne santé. Parmi les valeurs modernes, on retrouve la productivité. La quantité est importante, mais le rythme de production l’est tout autant.

Loin de moi l’idée de te présenter ici un manifeste politique. Mon approche est purement fonctionnelle : notre environnement nous sur-stimule et requiert ainsi notre constante suradaptation. Le repos est perçu, au choix, comme un manque de volonté, une perte de temps ou une faiblesse, voire les trois réunis si tu tires le gros lot… En réalité, le manque de repos, c’est une véritable sonnette d’alarme ou facteur aggravant à ne pas prendre à la légère.

Rôle du nerf vague

En première ligne de cette suradaptation et sur-stimulation : le nerf vague. Il assure le maintien de l’équilibre nerveux via le système parasympathique. Ce dernier est impliqué, entre autre, dans la phase de repos, de récupération et de restauration de ton énergie. Cette sur-stimulation et la suradaptation conséquente ouvrent la porte au stress chronique.

Face au stress, ton cerveau passe en mode sympathique. Un savant héritage qui te dit de sauver ta peau en choisissant de fuir, lutter ou de t’immobiliser face au danger.

Les problèmes commencent lorsque tu es incessamment soumis au stress. Le mode d’hypervigilance constant du système sympathique est extrêmement énergivore et prend le dessus sur le système parasynthétique.

Dans ce contexte, le système parasympathique n’arrive plus à contrebalancer le système sympathique et à te ramener à la normale.

Burnout

Les surrénales quant à elles sont responsables de la libération de trois hormones : l’adrénaline, la noradrénaline et le cortisol. Elles préparent et soutiennent ta possible fuite en cas de menace. Si cette dernière persiste, c’est le cortisol qui est relâché et met à disposition le glucose, l’énergie nécessaire pour passer à  l’action. Le cortisol, avant de devenir à son tour délétère, est un atout.

Le stress chronique est perçu comme une menace continue qui dépasse nos capacités d’adaptation car nous continuons à « tirer » sur nos glandes surrénales. A terme, la réserve de cortisol est épuisée, c’est ce que l’on appelle le burnout.

Non-stop

L’excès et la répétition se retrouvent aussi dans le grignotage. Manger constamment, même des aliments sains, contribue à épuiser tes stocks d’énergie. Cela entraîne une digestion permanente qui consomme de l’énergie et fatigue ton organisme. Sans oublier que ton système digestif a aussi besoin de repos pour se nettoyer.

Comment éviter la snack-attack à longueur de journée ? Tu trouveras ici une triple piste naturelle utile.

Attention la chute !

Il existe un lien entre le sucre et la chute libre de ton énergie. Cela peut sembler paradoxal, le sucre étant une source d’énergie. Comme toujours, le poison c’est la dose. Plus important encore : l’indice glycémique ! Les aliments à indice glycémique élevé provoquent les pics de glycémie. Pour les gérer, ton corps relâche l’insuline. Plus ce cycle se répète, plus il devient difficile pour les cellules (mitochondries) de remplir leur rôle de fabricants d’énergie. C’est un cercle vicieux, fait de hauts et de bas, qui s’installe alors, avec fatigue chronique à la clé.

Bonus : comment stabiliser ta glycémie

Batterie à plat

La perte d’énergie peut aussi puiser sa source dans les carences nutritionnelles. Elle est évidemment aussi en rapport avec tout ce que j’ai décrit précédemment car, tu le sais si tu lis mes articles, en naturopathie on considère que tout est lié.
parmi les carences nutritionnelles qui peuvent expliquer un état de fatigue chronique, citons :

  • Fer : il aide à transporter l’oxygène dans le sang. Sans lui, point de souffle !
  • Vitamine D : pièce maîtresse de ton équilibre hormonal (encore les hormones !) et nerveux. Sans elle, pagaille assurée dans ton organisme et ton mental.
  • B12 : cette vitamine est responsable de la fabrication de tes globules rouges, de la production de ton énergie cellulaire et du bon équilibre de ton système nerveux.

Je cite ce trio car c’est celui que je rencontre le plus souvent lors de mes consultations.

Le plein, svp !

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est qu’il est possible de refaire le plein d’énergie en cas de carences. Je te propose quelques pistes naturelles possibles, mais attention : il s’agit de suggestions qui ne remplacent absolument pas un avis et un suivi professionnels par ton thérapeute ou ton médecin.

Vive le fer !

– Fer : tu peux ajouter des aliments riches en fer à ton assiette

Pour faciliter l’absorption du fer, tu peux ajouter la vitamine C à tes repas. Par exemple : persil, kiwi, poivron rouge…

Pro tip : parallèlement à ces boosters, pense à éviter tout ce qui entrave la bonne absorption du fer, thé et café en première ligne.

Vitamine D à l’honneur

Pour stimuler la vitamine D, rien ne vaut la lumière naturelle. Toujours avec modération, bien sûr. Tu peux t’exposer une dizaine de minutes par jour. Le super combo, c’est de pratiquer ton activité sportive en plein air. Oxygénation et vitamine D garanties !

Bonus : la bonne assimilation et activation de la vitamine D dépendent de l’état de ton foie et de ton microbiote intestinal.

Cap sur la vitamine B12 !

Cette vitamine essentielle est présente dans les aliments d’origine animale. Tu peux ainsi privilégier les poissons, viandes, œufs et produits laitiers. Il est également possible de mettre en place une supplémentation avec l’aide de ton thérapeute (utile si tu es végétarien.ne).

Comme pour le fer, la bonne absorption de la vitamine B12 dépend de l’état de ton microbiote, sans oublier aussi l’acidité gastrique.

Regain d’énergie

Pour la naturopathie, la fatigue chronique est bel et bien un problème multifactoriel intimement lié à ton hygiène de vie, dans le sens large du terme car elle inclut aussi ton environnement immédiat.

Il n’y a pas de fatalité et non, la fatigue chronique n’est pas normale. Une prise en charge holistique progressive et cohérente peut t’aider à retrouver l’équilibre de façon naturelle et durable.

A toi de jouer à présent: en avant toute ! Et si tu as besoin de soutien ou de réponses à tes questions, je suis à tes côtés.

Photos : Olly, Alex Green, Lilartsy, Freelartfeelant, Cam Casey, Jeshoots, Tara Winstead, Kowalievska, Mateusz Dach, Olly, Monserrat Soldu, Jeshoots, Suzy Hazelwood et Olly via Pexels.

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