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Endométriose : les apports de la naturopathie

Temps de lecture : 7 minutes

Il était temps !

Il en aura fallu du temps pour que l’endométriose soit reconnue pour ce qu’elle est : une véritable pathologie chez les femmes. Cette latence dans sa reconnaissance n’est que le reflet de la place accordée aux pathologies proprement féminines dans la recherche. Heureusement, les lignes bougent.

L’endométriose est ainsi passée du statut de maladie imaginaire à celui d’affection chronique. L’approche multi-disciplinaire naturopathique apporte sa pierre à l’édifice dans un souci de complémentarité avec la médecine allopathique.

Quels sont les atouts de la naturopathie face à l’endométriose ? Quels sont les enjeux et les soutiens proposés ?

(Re)Connaître l’endométriose

L’endomètre est une muqueuse présente à l’intérieur même de l’utérus. Elle est sensible aux fluctuations des hormones que sont les œstrogènes et la progestérone. L’endomètre se renouvelle au fil de chaque cycle menstruel. En l’absence de fécondation, il se désagrège et se détache : ce sont les menstruations.

Pour comprendre l’importance de l’endomètre, regardons son triple rôle :

Reproducteur : l’organisme féminin prépare l’endomètre à accueillir un embryon une fois par mois.

Protecteur : il accueille l’embryon en cas de fécondation. C’est un véritable « nid » optimisé pour son développement.

Nourricier : l’endomètre est un environnement finement et intensément vascularisé et donc riche pour nourrir l’embryon.

Rien de va plus

L’endométriose est une pathologie liée au cycle hormonal. Elle se manifeste par l’implantation de l’endomètre en dehors de l’utérus. Le tissu endométrique se loge ainsi sur les ovaires, la vessie voire les intestins… L’endométriose peut être comparée à une colonisation anormale  des terrains autour de l’utérus (on dit alors qu’elle est « ectopique », soit « en dehors du lieu »). Ce tissu a beau être mal placé, il n’en réagit pas moins aux cycles hormonaux !

Il s’agit en outre d’une maladie œstrogéno-dépendante : les hormones œstrogènes stimulent la croissance de ces tissus ectopiques. Elle s’accompagne par ailleurs d’une résistance à la progestérone, hormone qui freine la croissance de l’endomètre. C’est un cercle infernal qui s’installe : il se traduit par une croissance et prolifération persistante du tissu endométrial en dehors de l’utérus.

Quelques manifestations de l’endométriose :

Adieu segmentation !

Cette liste non exhaustive montre à quel point cette inflammation est complexe : elle puise ses racines dans de nombreux terrains et elle s’exprime par une foule de symptômes. De plus, l’endométriose est une pathologie parfois silencieuse, souvent invalidante. C’est ce qui en a rendu l’identification et le traitement d’autant plus difficiles. C’est aussi ce qui ouvre grand la porte aux multiples atouts que proposent la médecine intégrative et la naturopathie.

La naturopathie s’intéresse aux sources de la pathologie plutôt qu’à la disparition des symptômes. Il s’agit d’une discipline holistique qui prend en considération la globalité de l’être. Elle propose donc une approche qui reflète le nature même de l’endométriose : multiple et cyclique.

Un dysfonctionnement de terrain(s)

A travers la loupe naturopathique, l’endométriose n’est pas seulement une pathologie de l’endomètre, mais un déséquilibre et dysfonctionnement de terrain(s). L’approche naturelle va donc compléter celle traditionnelle : elle peut, par exemple, aider les patients à mieux récupérer après une intervention chirurgicale ou à la suite de traitements médicamenteux lourds.

Endométriose et microbiote intestinal

Les recherches ont constaté un double lien :

1 – En amont, la mauvaise santé de ton microbiote intestinal est un berceau de l’inflammation, dont l’endométriose.

2 – Dans un deuxième temps, une fois l’endométriose en place, un microbiote intestinal déséquilibré (dysbiose) se traduit par un système immunitaire qui peine à lutter contre les tissus de l’endomètre ectopique. La dysbiose entretient donc l’endométriose.De plus, le microbiote intestinal régule aussi le métabolisme des œstrogènes via l’estrobolome, permettant donc d’éviter les excès.

La clé commune ?

La restauration et le maintien de ton équilibre intestinal. Pour cela, une alimentation vraie, vivante et saine est essentielle. Voici un article qui détaille comment choisir les bons aliments et adopter les bonnes habitudes pour mettre tous les atouts de ton côté.

Aux sources de l’inflammation

La naturopathie repère les causes de l’inflammation. Elle mise sur une alimentation anti-inflammatoire qui peut s’inspirer des éléments suivants :

Omega 3 avec les petits poissons gras, les huiles végétales (chanvre, lin…), oléagineux…

– Fibres et anti-oxydants : fruits et légumes colorés

Curcuma & gingembre fraishttps://www.instagram.com/p/CAGUYP0CyPE/

Pré-biotiques et pro-biotiques

Important : Il s’agit ici de pistes possibles à ne pas adopter au hasard. Rapproche-toi d’un naturopathe pour savoir quels sont tes besoins individuels.

En nourrissant un terrain anti-inflammatoire, on s’assure que le système immunitaire continue à jouer son rôle protecteur. Il s’agit ici de reconnaître les cellules endométriales ectopiques comme des agents « externes » et de procéder à une régulation naturelle.

Hormones dans le viseur

L’endomètre réagit au cycle hormonal. Il peut dès lors être intéressant de se pencher sur ce volet. Objectif : rééquilibrer le terrain hormonal.

Pour cela, la naturopathie encourage le corps à se réguler de lui-même. La phytothérapie est un soutien possible : le gattilier soutient la progestérone ; l’alchémille favorise l’équilibre hormonal ; l’achillée millefeuille est reconnue pour ses propriétés antispasmodiques en plus de celles régulatrices.

Important : Rapproche-toi d’un naturopathe pour savoir quels sont tes besoins individuels.

La luxopuncture est une approche particulièrement intéressante. Elle agit sur les points de pression classiques de l’acupuncture, sans les aiguilles. Elle permet d’obtenir d’excellents résultats pour le rééquilibrage hormonal.

Pro tip : le lundi 3 novembre je publierai sur Instagram un post consacré aux rituels qui soutiennent ton cycle hormonal.

La clé hépatique

Le foie, émonctoire important, est le garant de l’équilibre hormonal. Son rôle est prépondérant donc aussi dans la régulation des œstrogènes impliqués dans l’endométriose. En effet, un foie au ralenti, ce sont des œstrogènes en excès et une croissance des tissus endométriques.

Voici quelques pistes naturopathiques pour aider ton foie :

Equilibrage alimentaire pour éviter de l’accabler et de l’essouffler : exit les aliments transformés, industriels, l’alcool, le sucre à outrance…

– Introduction de plantes qui allègent la charge hépatique : artichaut, radis noir, pissenlit, chardon-marie…

– Attention aux excès et aux interactions médicamenteux.

Détoxication adaptée en fonction du terrain.

Les agents externes

Parmi les agents responsables de la dysbiose et du dérèglement de ton système hormonal, les perturbateurs endocriniens. Ces substances sont présentes dans l’alimentation moderne ultra-transformée, les OGM (attention à la surconsommation de soja), les PFAs, les pesticides, les insecticides, par exemple. Ils créent un terrain inflammatoire propice à l’endométriose.

Les gestes salvateurs commencent par l’attention que nous pouvons porter à la composition tant des aliments (bio de préférence) que des produits cosmétiques ou de nettoyage en contact direct avec la peau. La lecture des étiquettes et des choix éclairés sont autant de clés à notre disposition.

Pro tip : L’app Yuka t’oriente vers une consommation clean car elle identifie notamment les perturbateurs endocriniens dans les produits que tu achètes.

Basifier le terrain

Afin d’éviter l’installation de l’inflammation, la naturopathie s’efforce d’encourager le maintien d’un équilibre acido-basique. Cette étape est essentielle parce que l’acidité du terrain favorise l’inflammation. Cette dernière se traduit par des effets en cascade qui ont une répercussion directe sur l’endométriose.

Comment aider notre organisme à équilibrer le terrain ?

– Nous pouvons soutenir nos émonctoires : le travail de ces portes de sortie des toxines est essentiel pour éviter de nourrir l’inflammation.

– En allégeant le métabolisme avec une alimentation basifiante : légumes verts, tisanes drainantes de type orties ou pissenlit, crucifères (en plus, c’est la saison !), fruits colorés riches en anti-oxydants, bonnes graisses

Stress dans le viseur

Le stress se trouve à la croisée des chemins de l’ensemble de ces volets. Il est impliqué tant dans l’inflammation que dans l’acidification du terrain, par exemple.

Afin de moduler le stress, la naturopathie préconise notamment les approches suivantes :

– Pratique d’un sport doux (yoga, marche nordique…)

Oxygénation optimale, de préférence au grand air pour une meilleure qualité de l’air. Eventuellement, on peut aussi recourir aux séances de bol d’air Jacquier.

– Pleins feux sur la respiration : elle est évidemment à la base d’une oxygénation en profondeur et de qualité.

Bonus : tu peux prendre le stress par les cornes !

 

Rendre au corps son équilibre

Les aspects et les quelques outils abordés ici pour soulager l’endométriose ne sont qu’une petite partie des clés naturopathiques à ta disposition. Ils visent à te montrer que les solutions existent et doivent avant tout être adaptées à chacun. Elles ne peuvent en aucun cas constituer une auto-médication.

Il s’agit donc pour la naturopathie de t’accompagner dans tous les volets de ta santé avec une prise en charge sur-mesure. Et d’aider aussi la médecine traditionnelle à intervenir sur un terrain féminin enfin harmonieux et capable de réagir naturellement. Sans oublier de redonner le sourire et l’espoir aux femmes qui vivent avec l’endométriose au quotidien.

Une prise en charge douce et efficace à la fois est bel et bien possible !

Sonia

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